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La dissuasion civile

Perspectives pour la prise en compte des principes et des méthodes de la résistance civile non-violente dans la stratégie globale de défense de la France

  • Date: 1985
  • Chargés de recherche: C. MELLON, J.M. Muller, J. SEMELIN.
  • Principal interlocuteur: Ministère de la défense
  • Financement: Fondation pour les Études de la Défense Nationale (contrat direct avec les 3 chercheurs).
  • Produit: La dissuasion civile, Ed. FEDN - 4000 exemplaires - 200 pages 55 FF+port.

Résumé

"Pour garantir la sécurité de la France, il importe de "dissuader" tout agresseur potentiel : faire en sorte que le coût de son éventuelle agression soit supérieur au profit qu'il en espérait. Dans ce rapport coût/profit, la dissuasion nucléaire vise à élever le facteur coût. N'est-il pas sage d'explorer aussi une approche qui vise à réduire l'espérance gain ? (... )

Un des pays comme le nôtre peut-il - doit-il?- adopter des mesures de dissuasion civile, c'est-à-dire faire prévoir à un adversaire potentiel qu'il aurait les plus grandes difficultés à tirer des profits politiques, économiques et idéologiques de son éventuelle supériorité militaire ? Oui, répondent les auteurs de l'étude, c'est souhaitable et c'est possible. Il est temps de penser la dissuasion globalement, et de rendre à là société civile dans ses diverses composantes, un rôle dans la défense de la démocratie. Il n'y a pas "d'esprit de défense" dans un peuple déresponsabilisé." Fondation pour les Études de Défense Nationale (1985)

Quelques jugements

"Il faut d'abord situer la menace. Celle-ci est en Union Soviétique, ce qui n'est pas nouveau, mais a de grandes conséquences pour la stratégie que l'on présente. Celle-ci visera d'abord à refuser toute légitimité aux occupants ou à leurs aides. Ce n'est pas si simple, on le sait depuis Vichy, et il importe de préparer le citoyen à y voir clair. Originalité de cette approche: elle déclare périmée la convention de droit qui reconnaissait à l'occupant victorieux des devoirs, donc une certaine souveraineté." Le Monde (3.01.86, Général Le Borgne)

"Je ne suis pas en accord total avec la totalité des thèses que défendent les trois auteurs. Mais je suis particulièrement heureux de voir à nouveau un débat s'ouvrir de façon responsable." Charles HERNU, Ministre de la Défense