Accueil

Non-violence

Recherches

Principax

IRNC

Revue ANV

Étudiants

Contacts

Liens

Kiosque

Nous soutenir

Sommaire

Action directe

Autoréduction

Boycott

Clandestinité

Contrainte

Désobéissance civile

Dialogue

Grève

Grève de la faim

Grève générale

Humour

Interposition

Jeu de rôles

Jeûne

Leader

Marche

Médiation

Moyens

Négociations

Non-coopération

Obstruction

Opinion publique

Parole

Pétition

Programme constructif

Refus de l'impôt

Répression

Résistance passive

Sabotage

Sanctions économiques

Service d'ordre

Sit-in

Stratégie

Tactique

Théâtre-tract

Usurpation civile

Vigilance

Moyens

La recherche de l'efficacité dans l'action nous amène à considérer la non-violence comme un ensemble de moyens, non comme une fin en soi. Ces moyens doivent être jugés non pas seulement en fonction des mérites que leur attribuent la morale, la philosophie ou la spiritualité, mais également en fonction de leur efficacité, c'est-à-dire de leur capacité à atteindre la fin recherchée.

Le choix des moyens n'est pas plus important que le choix de la fin. Au contraire, il importe d'abord que la fin poursuivie par l'action soit juste. Le choix des moyens n'est que second par rapport au choix de la fin ; il est second mais il n'est pas secondaire. Les idéologies dominantes tentent de légitimer la violence en affirmant que " la fin justifie les moyens ", c'est-à-dire qu'une fin juste légitime des moyens injustes. Dire cela, c'est s'enfermer dans une contradiction intrinsèquement perverse. Qui veut la fin ne doit pas vouloir n'importe quels moyens, mais des moyens qui lui permettent d'atteindre effectivement la fin poursuivie. C'est précisément l'importance accordée à la fin d'une action qui amène à considérer comme essentiel le choix des moyens.

" Les moyens, affirme Gandhi, sont comme la graine et la fin comme l'arbre. Le rapport est aussi inéluctable entre la fin et les moyens qu'entre l'arbre et la semence ". En mettant ainsi en évidence la cohérence entre la fin et les moyens, Gandhi n'affirme pas seulement un principe moral et philosophique ; il énonce en même temps un principe stratégique sur lequel il entend fonder l'efficacité de son action politique. C'est un fait d'expérience que la perversion des moyens entraîne inéluctablement la perversion de la fin poursuivie. Dans le moment présent, nous ne sommes

pas maîtres de la fin que nous recherchons, nous ne sommes maîtres que des moyens que nous utilisons - ou, plus exactement, nous ne sommes maîtres de la fin que par l'intermédiaire des moyens. La fin est encore abstraite, tandis que les moyens sont immédiatement concrets. La fin concerne l'avenir, tandis que les moyens concernent le présent. Or nous sommes toujours tentés de sacrifier le présent à l'avenir en préférant l'abstraction de la fin à la réalité des moyens. En acceptant de recourir à des moyens qui contredisent dans les faits la fin que nous prétendons poursuivre, nous rejetons sa réalisation vers des lendemains hypothétiques qui ne nous appartiennent point. Le risque est grand alors que la justice soit toujours repoussée à demain, que la violence soit toujours imposée aux hommes comme une fatalité.