SommaireAction directeAutoréductionBoycottClandestinitéContrainteDésobéissance civileDialogueGrèveGrève de la faimGrève généraleHumourInterpositionJeu de rôlesJeûneLeaderMarcheMédiationMoyensNégociationsNon-coopérationObstructionOpinion publiqueParolePétitionProgramme constructifRefus de l'impôtRépressionRésistance passiveSabotageSanctions économiquesService d'ordreSit-inStratégieTactiqueThéâtre-tractUsurpation civileVigilance |
NégociationsDès qu'un conflit est ouvert, il convient d'entrer le plus tôt possible en relation directe avec l'adversaire. Avant même de porter le différend sur la place publique, il faut tenter de lui proposer une solution négociée plutôt que d'engager une épreuve de force. Il s'agit alors de faire connaître aux représentants de la partie adverse les conclusions auxquelles nous a conduits l'analyse de la situation et de faire valoir nos revendications en précisant l'objectif que nous voulons atteindre. Il se peut que d'emblée l'adversaire refuse toute négociation. S'il accepte de nous rencontrer, il est rare qu'un accord puisse être conclu immédiatement. Ces premières négociations permettront de tester les intentions de nos interlocuteurs et de mieux connaître leurs arguments. S'il importe d'éviter toute attitude qui ne pourrait que durcir inutilement le conflit et renforcer les blocages existants, ce qui rendrait toute solution plus difficile encore, il importe également de faire preuve de la plus grande fermeté et de la plus grande détermination. Dans un conflit social et politique, où l'antagonisme entre les deux parties en présence repose sur des enjeux contradictoires, la négociation sera beaucoup plus compétitive que coopérative. Nous devons donc exiger que la négociation repose sur la base de critères objectifs et non pas sur des données subjectives comme l'affirmation de bonnes intentions. En aucun cas, nous ne devons nous contenter de promesses. Nous devons exiger des décisions. Si les négociations se trouvent dans l'impasse, elles doivent être suspendues et non point rompues définitivement, puisque le but de l'action directe est la reprise des négociations. Pour autant que cela est possible, il pourra être utile de maintenir certains contacts avec l'adversaire tout au long du conflit. Après l'échec des premières négociations, il devient nécessaire d'engager l'épreuve de force. Celle-ci doit amener l'adversaire à se trouver contraint et forcé d'accepter les négociations qu'il avait d'abord refusées. Si la situation s'avère bloquée, les négociations peuvent commencer de manière indirecte par l'intermédiaire d'une ou de plusieurs personnes choisies d'un commun accord par les deux parties. Mais cette médiation ne pourra que préparer des négociations directes qui seules pourront apporter une solution durable au conflit. Ces négociations, même si nous pouvons raisonnablement espérer qu'elles permettront de parvenir à un accord, sont encore le prolongement de l'épreuve de force et non pas un dialogue qui se déroulerait dans la confiance réciproque. Il importe donc de " rester sur ses gardes ", de ne pas suspendre l'action et de ne rien faire ni de ne rien dire qui puisse démobiliser les militants et l'opinion publique. Il serait ensuite extrêmement difficile de les remobiliser. Rien ne serait plus dommageable que de " crier victoire "trop tôt. Une offre de négociation peut être un piège tendu aux militants dans le but de démobiliser leur détermination. Il importe donc de rester extrêmement vigilants. Peut-être faudra-t-il accepter un certain compromis qui permette à l'adversaire de " sauver la face ". Mais il ne faut rien céder sur l'essentiel sous prétexte de parvenir à un pareil compromis. Celui-ci ne saurait renvoyer dos à dos les victimes de l'injustice et ceux qui en sont responsables. Il importe que la victoire soit tangible et indiscutable. Dès lors, la fête peut commencer... |
