SommaireAction directeAutoréductionBoycottClandestinitéContrainteDésobéissance civileDialogueGrèveGrève de la faimGrève généraleHumourInterpositionJeu de rôlesJeûneLeaderMarcheMédiationMoyensNégociationsNon-coopérationObstructionOpinion publiqueParolePétitionProgramme constructifRefus de l'impôtRépressionRésistance passiveSabotageSanctions économiquesService d'ordreSit-inStratégieTactiqueThéâtre-tractUsurpation civileVigilance |
Théâtre tractLe théâtre-tract consiste à jouer dans la rue une scène très courte (3 à 4 minutes) qui puisse faire passer un message aussi condensé, simple et clair que celui qui est exposé dans un tract bien fait. Le théâtre-tract doit être joué par un nombre limité d'acteurs (quatre à six) dans un lieu public très passager. La scène tout entière doit être centrée sur une idée forte et une seule qui soit susceptible d'interpeller les passants-spectateurs afin qu'ils réagissent à une situation particulière du désordre établi. La scène doit se dérouler suivant une progression dramatique pour se terminer par un temps fort qui puisse créer un choc émotionnel chez ceux qui regardent et écoutent. La finale peut se présenter sous la forme d'une question posée directement au public afin d'engager avec lui un dialogue. Des tracts peuvent être distribués aux passants afin de leur donner de plus amples informations sur la situation à propos de laquelle la scène de théâtre a voulu les interpeller. Usurpation civilePlutôt que de cesser toute activité, de faire la grève ou de démissionner, il peut être plus efficace, pour mettre en échec un pouvoir oppresseur - qu'il soit national ou étranger - de le subvertir de l'intérieur en restant à son poste pour tenter de saboter les instructions venues d'en haut. Dans le cadre d'un mouvement de résistance organisée, l'usurpation civile consiste pour les fonctionnaires des administrations et des services publics et, plus largement, pour l'ensemble des citoyens, à continuer d'occuper leurs postes dans la cadre des institutions et des structures existantes pour tenter de les faire fonctionner contre le pouvoir en place et au profit de la résistance. Chacun est ainsi invité à résister sur son lieu de travail en profitant de tous les moyens que sa fonction met à sa disposition pour contrer le pouvoir illégitime. Dans un premier temps, l'usurpation civile peut être une méthode de non-coopération indirecte. Plutôt que de refuser ouvertement d'obéir aux directives du pouvoir, on feint, par devant, de s'y soumettre en faisant en sorte, par derrière, de ne pas les exécuter et de les faire échouer. Du moins, on les exécute en multipliant les erreurs volontaires ; on les exécute littéralement " de travers " en sorte qu'elles se trouvent détournées de leur but. Il est ainsi possible d'organiser une non-coopération effective qui se cache derrière une acceptation apparente de la collaboration. Cette désobéissance indirecte présente deux avantages : elle peut être mise en oeuvre avec souplesse et elle évite de provoquer ouvertement la répression. Cela rend possible à la fois sa durée et son étendue. En même temps qu'il s'agit de faire échouer les projets du pouvoir illégitime que l'on combat, il s'agit de faire réussir les projets du mouvement de résistance que l'on soutient. Ainsi l'usurpation civile réalise en une même démarche le programme de non-coopération par lequel on refuse de servir un système injuste et le programme constructif par lequel on s'efforce de réaliser dans les faits les solutions concrètes proposées par la résistance. Si le rapport de force évolue en faveur de la résistance, l'usurpation civile peut venir défier ouvertement le pouvoir établi. Elle devient alors une non-coqpération directe. Les fonctionnaires ne sont plus alors obligés d'apparaître disciplinés, et peuvent proclamer ouvertement leur dissidence. L'ampleur d'une telle usurpation peut déstabiliser un régime et contribuer efficacement à sa chute. D'autres scénarios peuvent être envisagés, dans lesquels l'usurpation civile doit prendre d'emblée la forme de la non-coopération directe. VigilanceL'action de vigilance consiste à se tenir silencieusement en un lieu public afin de protester contre une situation d'injustice et d'interpeller à son sujet l'opinion et les pouvoirs publics. Elle peut être entreprise par une personne seule ou par un groupe. Le lieu doit être choisi en fonction de son lien significatif avec l'injustice que l'on veut dénoncer. L'importance de sa fréquentation par le public doit être prise en compte, mais cet élément n'est pas forcément décisif. Pour protester contre l'emprisonnement arbitraire d'opposants, il peut être plus efficient d'organiser une action de vigilance devant la prison que dans un lieu plus fréquenté mais moins symbolique. C'est le facteur temps qui donne toute sa force à une action de vigilance. L'impact d'une présence immobile et silencieuse en un lieu public dépend à la fois de sa durée et de sa régularité. L'une et l'autre doivent être décidées en fonction de la gravité de l'injustice dénoncée et de l'urgence de rendre justice à ceux qui en sont les victimes. Si les circonstances l'exigent, l'action de vigilance peut être menée de façon permanente, de nuit comme de jour, en organisant un relais de plusieurs groupes ou de plusieurs personnes. Dans d'autres circonstances, elle peut être organisée toutes les semaines, à la même heure et au même endroit, tout au long de l'année. Des " heures de silence " peuvent être organisées au même moment dans plusieurs villes, avec la même périodicité. Pour informer le public, les manifestants peuvent porter des panneaux ou des banderoles qui expliquent de la manière la plus claire et la plus pédagogique les raisons de l'action et son objectif. D'autres manifestants peuvent distribuer des tracts et proposer des documents plus importants sur une table de presse, tout en se tenant prêts à un dialogue avec le public. Mais ces interventions auprès des passants doivent rester discrètes, accompagnant la présence de ceux qui assurent une vigilance silencieuse, sans la supplanter. Pour combattre une injustice, il est parfois plus convaincant de protester de tout son silence que par des paroles ou des textes. Cette action simple n'est pas pour autant une action facile. Elle demande beaucoup de détermination de la part de ceux qui s'y impliquent de tout leur corps. Car, dans cette action plus que dans tout autre, au-delà des paroles et des mots, C'est le corps humain qui porte témoignage pour exprimer et communiquer les exigences de la justice. Le corps s'expose dans toute sa vulnérabilité pour s'insurger contre l'injustice. Dans la même perspective, peut être établie une " maison de vigilance " à proximité d'un lieu qui symbolise une situation jugée inacceptable, et sur laquelle on veut interpeller l'opinion publique. Il s'agit alors pour ceux qui y vivent de déposer les germes d'une résistance non-violente en témoignant quotidiennement pour signifier que l'espérance est plus forte que la fatalité. |
