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L’intervention civile de paix (ICP)Depuis l’effondrement du communisme en 1989, ce thème est au centre des préoccupations de l’IRNC qui a organisé un colloque à ce sujet à la Grande Arche de la Défense en 1993 et un autre à l’Assemblée nationale en 2001. Entre les insuffisances de l'action humanitaire, et l'impossibilité ou l'absence de pertinence ou de cohérence, et en tout état de cause les insuffisances des interventions militaires, il y a place pour l'ingérence politique par une stratégie d'intervention civile. L'intervention civile repose sur le droit et le devoir d'ingérence de la communauté internationale face à des menaces graves contre la vie et les droits de l'homme dans tel ou tel pays ou région de la planète. Cette ingérence a donné lieu à des interventions militaires et civiles de l'ONU au cours des dernières années, avec des corps de "casques bleus" ou de "casques blancs". Elle peut être précédée par des sanctions internationales (embargo, boycott, sanctions financières), et venir en complément de ces mesures quand celles-ci se révèlent insuffisantes. L'intervention civile est l'intervention non armée de forces extérieures, mandatées par une organisation intergouvernementale, gouvernementale ou non gouvernementale, qui s'engagent dans un conflit local ou régional afin d'accomplir, sur les lieux- mêmes de l'affrontement, des missions d'observation, d'information, d'interposition ou de médiation et de coopération, en vue de prévenir ou de faire cesser la violence, de veiller au respect des droits de l'homme, de promouvoir les valeurs de la démocratie et de la citoyenneté, et de créer les conditions d'une solution politique du conflit qui reconnaisse et garantisse les droits fondamentaux de chacune des parties en présence, et leur permette de définir les règles d'une coexistence pacifique. Il s'agit, dans un premier temps, se séparer les adversaires qui se battent, et, dans un deuxième temps, de les réunir pour qu'ils se parlent, puisque seuls les acteurs du conflit sont en mesure de lui apporter une solution durable. La médiation vise à créer un espace public où les adversaires puissent apprendre ou réapprendre à communiquer afin de parvenir à un pacte de coexistence pacifique.
Il s'agit non seulement de faire cesser les violences qui sont la conséquence du conflit, mais de supprimer les injustices qui en sont les causes. Dans de nombreux conflits, la volonté de paix des populations est plus grande que celle des dirigeants. Il importe donc de soutenir les mouvements politiques favorables à une solution politique, et les forces sociales susceptibles de la mettre en oeuvre, notamment les femmes et les personnes d’âge mûr. Pour intervenir efficacement sur les lieux de tension et de conflit, il faut pouvoir envoyer rapidement des corps d'intervention civile, mis en oeuvre à un niveau institutionnel avec le soutien et le financement des pouvoirs publics : ONU, OSCE, Union Européenne, organisations régionales (OUA...), communautés nationales. Ces corps d'intervention seraient composés de bénévoles professionnels, ou même de militaires volontaires formés à l'action non-violente, mais seraient ouverts à des citoyens qui désirent se rendre disponibles pour une durée limitée en interrompant momentanément leurs activités professionnelles, avec par exemple un statut de réservistes. Les unités d'intervention, pour être efficaces, doivent compter chacune une centaine de personnes. Un premier ouvrage, Principes et Méthodes de l’Intervention Civile, signé de Jean-Marie Muller, est paru en 1997 (Desclée de Brouwer). L’IRNC est maintenant engagé dans un programme de recherches plus appliquées, mais qui se nourrit beaucoup de ce travail initial : la recherche sur les motivations des volontaires, une recherche sur les enseignements de ces 10 dernières années au Kosovo ; l’accompagnement de thèse de troisième cycle sur ce thème. L’IRNC est très actif sur la conception et l’animation de cycles de formation de volontaires du service civil de paix (SCP). Cinq de ses membres chercheurs participent directement aux formations et participent au "Conseil de formation" regroupant quelques personnalités autour de cette expérience. Un des programmes a consisté en l’élaboration d’une base documentaire dédiée à l’intervention civile : Principax. |
