Texte de l’évêque aux armées françaises L’Église catholique et l'arme nucléaire en 2019

Texte écrit par Mgr* Antoine de Romanet, évêque aux armées françaises, et diffusé en novembre 2019 avant le voyage du pape François à Hiroshima et Nagasaki.

L'évêché aux armées, dont le secrétariat est mis à disposition par l'armée française, est une institution originale et curieuse dans l'Eglise catholique en France et dans la République laïque : il n'y a pas en France d'évêque aux agriculteurs, aux enseignants, aux soignants, aux postiers, aux syndicats, aux entrepreneurs, etc. On peut toutefois comprendre et accepter l'existence d'une telle structure par le caractère extraordinaire du métier des armes, dont une des facettes est d'accepter de mourir "pour la nation" (ou, malheureusement, pour des causes parfois douteuses définies par les dirigeants de l'Etat), mais aussi à donner la mort à d'autres soldats ou à des populations civiles. On conçoit que cela mérite un accompagnement spirituel fort.

Contrairement à ce que peut laisser croire son titre, ce texte n'engage que son auteur et non la Conférence Episcopale Française (CEF) ou d'autres instances de l'Eglise catholique en France comme Pax Christi - France ou la Commission Justice et Paix de la CEF.

Dans plusieurs de ses développements, il n'est pas en concordance avec les textes de l'Eglise ni avec les déclaration et textes des derniers papes. Voir le diaporama à ce sujet.

La présentation tronquée  du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN) faite dans ce texte n'est pas conforme au contenu du traité, et sa critique mal argumentée est dissonante par rapport à la position du Saint Siège, qui a été le premier Etat à ratifier ce traité.

La réponse d'Etienne Godinot membre de l'IRNC, au P. de Romanet et à d'autres interlocuteurs critiques sur le TIAN a été faite dans le long texte Dissuasion nucléaire ou défense de la démocratie ? préfacé par Guy Aurenche et postfacé par Pierre Calame.


*Mgr : Monseigneur. Par ce terme qui fleure bon l'Ancien Régime, on appelle (pour combien de temps encore ?) les évêques, lesquels dans une optique évangélique devraient être des pasteurs serviteurs de leur communauté. Notons toutefois que le P. de Romanet, comme les aumôniers militaires dont il coordonne l'action, est un homme ouvert au dialogue qui accepte volontiers d'être appelé "le Padre" (prononcer Padré, "père" en Italien et en espagnol).